Jeudi 3 décembre, Paris

 

Des blocs de glace fondent devant le Panthéon, une éolienne tourne au milieu des Champs Élysées, des vélos électriques sont en test sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Il fait doux à Paris. Depuis dimanche, 196 représentants des Parties sont ici. C’est la COP 21.

 

Une certaine émotion en arrivant au Bourget ce matin du jeudi 3 décembre. On a un peu l’impression de vivre un moment d’Histoire… De nombreux panneaux aux couleurs de la COP 21 indiquent la direction à emprunter, dès la sortie du RER B. C’est très bien organisé, on est accompagnés par des agents d’accueil en veste jaune fluo d’une amabilité inattendue, « Bonjour, Bienvenue, Hello, Welcome », jamais vu des parisiens aussi souriants et accueillants, pas du tout typique! Tellement l’inverse du cliché parigot qu’on est sacrément étonnés, on a plus l’impression d’arriver au Club Med que dans un centre de conférence onusien pour débattre des catastrophes climatiques. Les organisateurs ont bien briefé leurs troupes pour mettre les négociateurs de bonne humeur dès le matin, et j’approuve!

Une émotion certaine devant l’entrée, parmi cette foule cosmopolite aux badges bleus. Les personnes accréditées se dirigent vers la zone de négociations, le centre névralgique de la conférence, géré par l’ONU.

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À coté de celle-ci, l’Espace Génération Climat est la zone dédiée à la société civile. Ici se mêlent diverses associations, collectivités territoriales, autres organisations et visiteurs. En plus des stands, des conférences et des projections sont organisées. Dans une ambiance bobo écolo green, on déambule sur des plaques en bois reconstitué. Des arbres à idées aux couleurs variées expriment les pensées des visiteurs. Des échantillons de cultures du monde entier sont mis en valeur sous diverses formes, les gens font la queue à la crêperie bio et pédalent à la station de recharge pour brancher leur smartphone. Sur l’air de « Let it Go », une bande de jeunes chinoises déambulent derrière leur mascotte Panda en chantant « It is time »…

 

L’après-midi, direction La Galerie Des Solutions, exposée au musée de l’air et de l’espace – une zone plutôt dédiée aux acteurs économiques « qui ont des solutions alternatives à promouvoir » bref un espace de pub pour les boîtes écolos. Accès sur badge, exclusivement aux professionnels concernés ou journalistes, et généralement sur invitation, l’ambiance y est plus professionnelle, voire commerciale. La moquette violette (recyclable) remplace le sol en copeaux de bois de l’espace ouvert au grand public. Plus de petits fours bios et de cravates, moins de musique et d’arbres à rubans…

 

Aujourd’hui, j’ai découvert un prototype de jardin vertical hors sol qui permet de cultiver 8m2 de terrain pour une empreinte au sol de 1m2, mais aussi des drones pour planter des arbres, des toiles de parapentes recyclées en robe de soirées, un segway qu’on conduit assis, une israélienne joviale, une voiture à hydrogène, une maquette d’un immense parc solaire à Dubaï, une plate-forme de crowdlending, un danois blagueur, un immense stand des Émirats Arabes Unis, des tas d’éoliennes et des dattes qatari – entre autres…

 

Une nébuleuse de bonnes initiatives qui donnent le sourire. Cette énergie de foufous qui veulent changer le monde crée une atmosphère inspirante, réjouissante et motivante! On n’attend pas des  7000 négociateurs qu’ils changent le monde en 200 heures, mais on espère qu’ils sauront poser des bases utiles à l’évolution nécessaire de notre système, le cadre qui permettra aux gouvernements de légiférer, aux entrepreneurs d’innover, aux entreprises d’évoluer, aux consommateurs de s’adapter, à tous de transformer en profondeur notre société.

La délégation One TREE for Climate arrive ce soir à Paris, à bientôt pour de nouvelles aventures,

Charlotte Weil