Aujourd’hui, la journée s’annonce chargée. Ingénieurs en environnement oblige, une visite à la STEP (Station d’épuration) de Marrakech est de mise, ainsi qu’une conférence que l’on doit donner à Sub-de-Co (Ecole supérieure de commerce de Marrakech) devant des étudiants de niveau universitaire.

 

On retrouve donc Moulay Ahmed, chef de la commune où se situe la STEP, grâce à qui la visite est rendue possible ainsi que Hind, une doctorante ayant fait ses études à la FST (lieu où se déroulait la COY). Elle fait justement sa thèse sur la STEP en question et elle est là spécialement pour répondre à nos questions et nous expliquer les détails scientifiques et techniques.

 

Cette STEP, qui fonctionne au traitement « lagunaire » est la deuxième STEP en taille de Marrakech, derrière la principale qui se situe juste à la sortie Nord-Ouest de la ville (de type traitement à boues activées).

 

Les stations à traitement lagunaire fonctionnent de manière naturelle et sont très peu demandeuses en énergie et technologies. En revanche, elles demandent énormément d’espace. La station à de nombreux problèmes, elle n’a pas reçu d’argent depuis des années et son entretien est assuré par un-deux employés seulement. De nombreuses canalisations fuient. Hind nous explique que le taux d’abattement de la station, qui possède trois niveaux de traitement est très bon. Le potentiel de la station est énorme, et avec de légers efforts fournis et quelques problèmes réglés, on pourrait l’exploiter de manière optimale.

 

Les stations lagunaires sont idéales pour le Maroc, ou la lumière du soleil et l’espace sont présents en abondance et ne demandent pas beaucoup de ressources financières. La majorité des STEP du Maroc sont de type traitement lagunaire et ces stations avec leur fonctionnement différent de ce qu’on peut voir en Suisse nous ont fascinées.

 

Une fois l’activité terminée, on enchaîne avec la visite d’un atelier de poterie non loin de la STEP. L’occasion de voir une manufacture locale est intéressante, et ça permet d’acheter quelques souvenirs et cadeaux à des prix défiants toute concurrence.

 

On se réjouit de retourner au Domaine Tarik pour le repas de midi : c’est un couscous traditionnel. Ce fut délicieux mais je maintiens, du haut de mon humble expérience subjective personnelle, que le couscous algérien est meilleur.

 

Repas terminé, on se met au travail. Ayant accepté l’invitation à présenter la conférence, il ne fut pas évident de réussir à préparer quelque chose vu le peu de temps libre à disposition. On se répartit le travail, on finalise la présentation Powerpoint et ce que chacun doit dire. La conférence doit parler du changement climatique et des enjeux de la COP22 avec un axe fort sur l’économie (nous nous adressons à des étudiants en économie).

 

L’occasion est superbe de pouvoir s’adresser à des étudiants de niveau universitaire, dans un cadre formel et c’est un honneur pour nous, qui sommes toujours de simples étudiants, de donner cette conférence. Andrea, Alice et Louise se chargent de la première partie introductive, qui concernes les aspects plutôt scientifiques et le contexte politique général de l’action internationale sur le climat tandis que Mehdi et moi nous occupons de la partie « enjeux économiques ». Mehdi connaît bien le contexte économique et politique Marocain et partage de nombreuses choses très intéressantes avec l’audience. De mon côté, en tant qu’ex-HEC et de mon intérêt pour le sujet, je profite de mes connaissances générales en économie. De nombreux aspects sont abordés : rôles des lobbies et influence des groupes financiers, développement durable et transition énergétique, désinvestissement des industries énergies fossiles, fausses solutions (géo-engineering) et manipulations médiatiques sur la question…

Une fois la séance de réponses aux questions terminées, les retours sont très positifs et les professeurs présents sont très satisfaits de notre prestation.

 

Nous discutons un peu avec les étudiants et l’un d’entre en particulier nous surprend par son engagement et sa motivation. Il est majeur de promo, président de deux associations et il possède sa propre entreprise (à une personne), dont l’objectif est d’aider les personnes à mobilités réduite et autres handicaps à s’insérer dans la vie professionnelle (c’est une sorte d’agence d’intérim).

 

Enfin, épuisé par la journée exigeante, nous rentrons au domaine et nous mangeons pleins de délicieux fruits, qui sont succulents et sans commune mesure avec ce que l’on peut trouver en Europe, hélas.

 

Nous allons au lit en espérant être en forme pour la journée de demain, le grand jour : notre visite tant espérée et attendue de la COP 22 elle-même !

 

Amir Meskaldji