C’est sandwich et Tupperware à la main que la petite audience d’habitués de la section a accueilli Camille Wolf et Simon Meister le 29 novembre 2017. Tous deux doctorants au Laboratoire de chimie environnementale, ils sont venus parler des défis présents et futurs auxquels nous sommes confrontés pour maintenir une eau de qualité.

La problématique de l’eau potable dans les pays dits en voie de développement, contaminée par de nombreux pathogènes, est un sujet connu. Le manque de gestion des eaux usées est un des facteurs, puisque 80% de l’eau sale est rejetée dans l’environnement sans aucun traitement. Mais qui penserait qu’en Suisse aussi, on doit aujourd’hui encore se préoccuper de la qualité de notre eau potable ? Nous assistons en effet à « l’émergence » de contaminants que l’on ne pouvait quantifier il y a peu. Cette nouvelle génération de contaminants, provenant de pollution industrielle chimique et pharmaceutique, regroupe entre autres les micropolluants et les perturbateurs endocriniens. Présents en très faibles concentrations ils peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé humaine mais leur étendue et l’effet cocktail sont loin d’être compris.

Dans son travail de doctorat, Simon cherche à isoler des virus présents dans l’environnement et plus particulièrement dans l’eau. Il tente de les identifier par séquençage du génome puis analyse l’efficacité d’un traitement à la chlorine. L’un des points centraux est d’essayer de connaître l’influence de la structure du virus sur sa résistance. Camille, quant à elle, identifie et étudie les mécanismes d’inactivation des virus entériques par l’ozone. Ce dernier est un oxydant très puissant mais instable dans l’eau ce qui rend son usage complexe. De plus, connaître la vitesse d’inactivation des virus est essentiel. C’est donc la cinétique des réactions de l’ozone avec les virus que Camille tente d’éclaircir pour une meilleure efficacité du traitement des virus par l’ozone.

Par une présentation à la fois technique et dynamique, ils ont tous deux su donner un bon aperçu des enjeux actuels de la qualité de l’eau et nous montrer que les pistes de recherche sont multiples.

 

Alexis Baron