Présentation de la plateforme Swiss-Energyscope par l’un de ses fondateur, Victor Codina Gironès

 

Qu’est-ce que le Swiss-Energyscope et dans quel but a-t-il été développé ?

Suite à sa décision en mai 2011 de renoncer à l’énergie nucléaire, la Suisse doit maintenant faire des choix pour assurer son futur énergétique. Plusieurs stratégies sont possibles, ayant des impacts environnementaux, sociaux et économiques différents.

La plateforme Swiss-Energyscope a été développée par le Centre de l’énergie et le groupe IPESE de l’EPFL dans le but d’informer les citoyens suisses des enjeux de la transition énergétique et de leur permettre de faire leur choix en toute connaissance de cause lors des votations populaires.

La plateforme comprend plusieurs outils permettant de mieux comprendre la transition énergétique :

  • Un calculateur énergétique permettant de visualiser des scénarios d’avenir, en illustrant , à l’horizon de 2035 ou de 2050, la quantité d’énergie et d’électricité consommée, la part de renouvelable, la quantité de CO2 émise, la quantité de déchets générés ainsi que les coûts induits par la mise en œuvre de ce scénario. Le calculateur propose un ensemble de scénarios réalistes prédéfinis (sur la base du rapport « Les perspectives énergétiques suisses pour 2050» réalisé par PROGNOS SA, qui a servi de base à l’élaboration de la stratégie énergétique 2050 proposée par le gouvernement suisse), mais permet également à l’utilisateur de créer son propre scénario en définissant de nombreux paramètres, au niveau socio-économique (p.ex. la croissance démographique et économique), de l’efficacité énergétique (p.ex. la demande en énergie des bâtiments), du transport (p.ex. la proportion de la population utilisant les transports publics), des coûts (p.ex. prix de l’énergie), etc ;

swiss-energiescope

Figure 1 – Illustration du calculateur énergétique de la plateforme Swiss-Energyscope

  • Des cours en ligne pour tous : 27 vidéos, élaborées par des spécialistes de l’EPFL, permettent à chacun de comprendre les défis et enjeux de la transition énergétiques suisse ;
  • Une liste de 100 questions/réponses, sur des thèmes comme le potentiel des énergies renouvelables, la pertinence de la voiture électrique, sur les impacts économiques et environnementaux de la sortie du nucléaire….

 

Sources :    http://www.energyscope.ch/

                   http://actu.epfl.ch/news/un-calculateur-energetique-pour-choisir-notre-aven/

                   http://ipese.epfl.ch/ipese/pi/energyscope

 

Qu’est-ce que la transition énergétique ?

Selon le site de l’Energyscope:

« En Suisse, la transition énergétique représente la période allant de 2011 jusqu’en 2035, voire 2050. Durant cette période, notre système énergétique va subir des transformations fondamentales, suite à la décision du Conseil fédéral et du Parlement de sortir du nucléaire et à l’engagement pris de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. 

Pendant près d’un siècle, notre système énergétique a été relativement simple. Il comportait un nombre restreint d’agents énergétiques, avec des filières d’approvisionnement distinctes : nous importions de l’essence et du diesel pour rouler, du mazout et du gaz naturel pour nous chauffer, et produisions notre électricité dans des grandes centrales hydrauliques et nucléaires.

Aujourd’hui, la donne a changé. Les risques liés au réchauffement climatique, le spectre de l’épuisement des ressources fossiles, l’accident nucléaire de Fukushima, les risques géopolitiques, transforment profondément le paysage énergétique. Dans ce contexte, la Suisse s’efforce de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, tout en ayant choisi de renoncer à l’énergie nucléaire. Simultanément, notre consommation énergétique totale continue de croître, même si cette augmentation a tendance à se stabiliser.

Le processus de transition énergétique résulte principalement de choix politiques et varie donc d’un pays à l’autre. Quelle que soit la stratégie qui sera mise en œuvre pour répondre à ces défis, le système énergétique qui en résultera sera bien plus complexe, interconnecté et diversifié qu’il ne l’est actuellement. La métamorphose de notre système énergétique constitue donc une étape essentielle pour continuer d’assurer à la Suisse un approvisionnement en énergie sûr, durable et économiquement accessible pour tous, comme le prévoit notre Constitution.

Les défis sont de plusieurs natures : stratégiques (conserver un niveau élevé de sécurité d’approvisionnement, non seulement pour l’électricité en l’absence de centrales nucléaires mais aussi pour les carburants et les combustibles), socio-économiques (maintenir un prix de l’énergie abordable pour tous), environnementaux (minimiser l’impact sur la nature et les paysages) et climatiques (réduire nos émissions de gaz à effet de serre). En outre, il faut agir vite. »

 

Quelles sont les grandes options stratégiques pour sortir du nucléaire ?

« La Suisse dispose de quatre options stratégiques complémentaires pour sortir du nucléaire. Trois d’entre elles consistent à remplacer les 25 TWh de courant nucléaire par d’autres sources d’électricité : l’électricité d’origine renouvelable produite en Suisse (option « renouvelables »), l’implantation de centrales à gaz en Suisse (option « centrales à gaz »), et l’importation d’électricité (d’origine renouvelable ou non) en provenance de l’étranger (option « importation »). La quatrième option vise à réduire la consommation électrique par le biais de mesures d’efficacité énergétique (option « efficacité énergétique »). »

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Quel mix énergétique pour le futur ?

« En 2050, notre mix énergétique aura une composition passablement différente de celle d’aujourd’hui : il sera nettement plus diversifié (du fait notamment des nouvelles énergies renouvelables), il ne comportera plus d’électricité d’origine nucléaire (du moins indigène), et il dépendra beaucoup moins des produits pétroliers. Deux incertitudes majeures concernent le rôle du gaz naturel et des biocarburants. »

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Que propose le conseil fédéral dans sa stratégie énergétique 2050 et à quels coûts ?

« Le Conseil fédéral a élaboré trois scénarios de transition énergétique jusqu’en 2050. Ces scénarios déterminent trois futurs plausibles pour la demande énergétique, en fonction de trois grandes orientations politiques. Ils ne constituent en aucun cas des prédictions sur notre avenir énergétique. Avec un horizon temporel si lointain, il serait trop hasardeux de baser une stratégie nationale sur des prédictions, tant les incertitudes sont importantes.

A juste titre, ces scénarios considèrent le système énergétique dans son ensemble, sans se focaliser exclusivement sur le défi de la sortie du nucléaire. Ces trois scénarios sont les suivants :

  • Le scénario « Poursuite de la politique énergétique actuelle » extrapole sur la base des tendances actuelles. Il n’introduit pas de nouvelles mesures politiques visant à contrôler l’évolution de la demande énergétique, à part celles déjà prévues. Le développement des énergies renouvelables se réalise de manière relativement lente par manque de mesures d’encouragement.
  • Le scénario « Mesures politiques du Conseil fédéral » table sur une baisse de la consommation, essentiellement par le biais de l’amélioration de l’efficacité énergétique, en utilisant des technologies existantes, notamment dans les secteurs du bâtiment et des transports.
  • Le scénario « Nouvelle politique énergétique » vise à réduire massivement la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre par une politique volontariste. Cet engagement se traduit par une diffusion accélérée des nouvelles énergies renouvelables et des nouvelles technologies d’efficacité énergétique. Ce scénario nécessite que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre soient harmonisés avec ceux de l’Union européenne, afin d’éviter de pénaliser la compétitivité des entreprises suisses.

Ces trois scénarios présentent un objectif commun crucial : une baisse de la consommation énergétique par rapport à l’année de référence 2011. Le rythme de diffusion des énergies renouvelables et des technologies d’efficacité énergétique varie par contre en fonction des mesures d’encouragement prévues dans chacun des trois scénarios. Toutefois, dans aucun des scénarios, ces mesures ne suffisent à couvrir entièrement le déficit d’électricité résultant de l’arrêt de nos centrales nucléaires. Il faudra combler ce déficit, soit par la construction en Suisse de centrales électriques fonctionnant au gaz naturel (4 à 9 centrales prévues suivants les scénarios), soit par des importations d’électricité en hiver (jusqu’à 7 TWh, selon les variantes). »

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