Balade dans nos forêts

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        Le 2 mai, Constance et Léa nous ont réunis lors du dernier Student Talk du semestre pour un portrait croisé entre science et passion autour du thème de la forêt, élément essentiel de notre paysage et de son équilibre écologique.

      En premier lieu, Constant Signarbieux, collaborateur scientifique au laboratoire des systèmes écologiques (ECOS) de l’EPFL et enseignant d’écologie générale, nous a partagé les découvertes et conclusions de son travail. Constant, qui se passionne pour les plantes et l’écosystème qui les entourent étudie les relations entre les processus physiologiques des plantes et les changements climatiques. En effet, les températures moyennes ont particulièrement augmenté ces 15-20 dernières années, ce qui est relativement rapide pour l’échelle de vie des arbres. Il est donc important de comprendre l’évolution de la forêt pour permettre une gestion adaptée de cet environnement naturel riche et essentiel.

        Constant étudie quatre arbres en particulier (le hêtre, le chêne, l’épicéa et le sapin) durant leur période de végétation, c’est-à-dire de l’éclosion des bourgeons à la sénescence (chute des feuilles), soit du printemps à l’automne. Le début et la durée de cette période varie avec le changement climatique. La période de végétation tend à être toujours plus étendue avec l’augmentation des températures. Des températures plus élevées permettent une croissance accrue des plantes, toutefois, lorsque le réchauffement engendre la sécheresse on observe une réduction de la croissance des plantes. Il a tout d’abord été pensé que la sécheresse engendrait une réduction de la photosynthèse et par conséquent une diminution de la croissance mais une autre hypothèse a été avancée : le manque d’eau causé par la sécheresse réduirait le phénomène d’élongation des tissues cellulaires (méristèmes) qui grandissent par turgescence. Pour l’instant, aucune hypothèse ne s’est imposée. En revanche, différents mécanismes d’adaptation à la sécheresse existent tels que la chute précoce des feuilles, la régulation de la transpiration ou encore le développement du réseau racinaire au détriment des tiges.

         Une conséquence majeure du réchauffement climatique est l’élévation de la limite supérieure des forêts alpines. En effet, avec l’augmentation des températures les arbres peuvent pousser à des altitudes toujours plus élevées. Des feuillus tels que le hêtre tendent à coloniser des altitudes plus élevées, passant de 600-800 m à 1200 m d’altitude et supplantant ainsi l’épicéa. Nous observons alors un décalage des aires de répartition. Le bois de ces deux espèces d’arbres étant utilisé à des fins différentes (le hêtre pour le bois de chauffage et l’épicéa pour la construction), il est important de comprendre l’évolution de ces ressources pour les gérer de la façon la plus durable possible.

Alexis BARON